⌘ Accary Alexandre
◎ États de service
- 10-10-1913 => Incorporé au 23° Régiment d'Infanterie à Bourg, arrivé au corps et soldat de 2° classe le dit jour.
- 01-09-1914 => Tué à l'ennemi et inhumé à Mandray, date de décès fixé par jugement déclaratif et transcrit sur les registres de la commune de Faramans dans l'Ain
⌘ Accary Alexandre
L'an 1892, à neuf heures du matin, le 16 mars, Jean-Baptiste Accary, agriculteur âgé de 32 ans et domicilié dans la commune, vient présenter un enfant de sexe masculin à Benoît Métrilloy, Officier d'État Civil de la commune de Chalamont. Il est accompagné d'Étienne Vitriat, âgé de 29 ans, grainetier dans la commune et de Marius Déchaux, menuisier âgé de 33 ans. L'enfant présenté est né de l'union légitime de Jean-Baptiste Accary et de Marie Fayeux, 24 ans, cultivatrice à Chalamont, sa légitime épouse. Alexandre est le prénom qui a été choisi pour le nouveau-né. Le père et les témoins signent l'acte N° 14 qui sera confirmé par le maire.
Un peu plus d'une année avant la guerre, le 15 mars 1913, Alexandre Accary contracte mariage avec Jeanne-Marie Champonnet. Le couple fut sans enfant.
◎ Ce 1° août 1914
Les alertes et mises en garde furent nombreuses.
Nous devons signaler ce général allemand qui, en 1912, écrrivit dans le Journal de Rosen et, démonstration et arguments solides à l'appui, prévenait que la guerre serait terriblement mortelle, et que, industrialisation faisant, les victimes se compteraient par millions. Il décrivait les corps calcinés, déchiquetés, démembrés, démantibulés; gisant sur des sols défoncés. Il décrivait la tripe, le sang, les souffrances.
Les politiques, malheureusement sourds et sûrement irresponsables pour nombre d'entre eux n'écoutèrent pas.
La guerre commença ; Alexandre Accary n'avait pu qu'entre un mois et un mois et demi à vivre.
Il ne le savait pas encore...
- Lundi 24 août 1914
La journée se passe sans incident. Dans la soirée la 41° Division, se dérobant par une marche de nuit, vient occuper la zone Soulz - Guebwiller - Issenheim - Westhalten. Le 23° fait partie de la colonne de droite qui passe par Schönen - Steinbach - Pulversheim - Bollewiller. Départ entre 20 et 21 heures pour les différents éléments. Le bataillon Georges est arrière-garde de la colonne de droite qui comprend un groupe AD41, puis le bataillon Marchel et enfin un bataillon du 133°. La collone se vccouvre à droite par un flanc-garde - bataillon Sohier, qui suit l'itinéraire Wittensheim - Huischeim - Ungerscheim - Raederscheim. La colonne arrive à Innersheim par nuit noire, vers 2 heures du matin, le 25. - Mardi 25 août 1914
Par nuit noire, vers 2 heures, le 23° RI, après un café fait au petit jour, s'établit comme suit:
⤇ 3° bataillon - Georges, à Boden - 3 Compagnies, à Gundolsheim 1 Cie
⤇ 1° bataillon - Marchal, à Bergholtz - 2 Cies, et à Bergohtlz Zell - 2 Cies
⤇ 2° bataillon - Sohier, à Issenheim, 2 Cies avec l'EM du régiment et la CHR, à Merscheim - 1 Cie, à Raedersheim - 1 Cie
La ligne des avant-postes passe par Gundolsheim, Rischeim, Raedersheim. Le régiment doit, en cas d'attaque, couvrir les débouchés des Vosges pour permettre à la 41° Division de la gagner la vallée de Munster. Les débouchés a couvrir sont ceux de WestHalten, Berholtz et Guebwiller. - Mercredi 26 août 1914
La 41° Division se concentre dans la vallée de Munster qu'elel gagne par l'itinéraire de Soulzmatt, Osenbach, Soulzbach en marchant sur une seule colonne. Le bataillon Marchal - 1° bataillon, est prenier bataillon du gros de la colonne ; le bataillon Sohier forme arrière-garde jusqu'à Soulzmatt où il est renforcé et suivi par le bataillon Georges - 3° bataillon, qui a tenu et grdé le débouché de Westhaltenpendant le défilé du gros de la 41° Division. À Osenbach, les 2 bataillons dépassent 2 bataillons du 133° RI et dessent ainsi de former arrière-garde. Arrivés à Soulzbach vers midi, le régiment y fait une grande halte. Puis les bataillons gagnent leurs campements qui sont:
⤇ EM du régiment, CHR et 1° bataillon à Wihr au Val
⤇ 2° bataillon à Günsbach
⤇ 3° bataillon à Griesbach. - Jeudi 27 août 1914
La journée s'écoule sans qu'il soit apporté du changement à la situation de la veille - Vendredi 28 août 1914
L'Armée d'Alsace est dissoute à la date du 28 août. La 41° division passe à la 1° Armée et fait partie du Groupement des Vosges ; elle forme réserve derrière les brigades mixtes de la Schulcht et de Cornimont. Comme conséquence de cette situation, le 23°, passant à Munster à 6 heures, se porte sur Le Pergis et Xonrupt en passant par le Col de la Schlucht vers midi ; le régiment y fait une grande halte puis gagne ses cantonnements. Arrivée à Pergis et Xonrupt vers 15 heures et demie. On entend une forte canonnadedans la direction d'Arnouls et Saint-Léonard, au nord. - Samedi 29 août 1914
À 7 heures, les 1° et 3° bataillons quittent le Pargis-Xonrupt et viennent cantonner ) Gérardmer. Ils y sont rejoints à midi et demie par le bataillon Sohier qui était détaché au Col de la Schlucht - Dimanche 30 août 1914
Départ à 4 heures pour prendre aller à Gerbépal et prendre part à la bataille de Saint-Dié.
En arrivant à Arnould à 8 heures, ordre est donné au 3° bataillon de marcher sur Saulcy-sur-Meurthe.
Les 1° et 2° bataillons ont comme objectif Mangoutte - Mandray - Entre-deux-Eaux. Le bataillon de droite - 2° bataillon, commandant Sohier, liant son action avec le 133° qui attaque la Tête de la Behouille - à Entre-deux-Eaux.
Lutte d'artillerie
le 3° bataillon arrive à Saulcy sans difficulté vers 11 heures.
Les 2 autres bataillons arrivent à prendre pied aux Hauteurs 514 - 1km au sud d'Entre-deux-Eaux, vers 18 heures.
Ils y sont d'ailleurs seuls et sans soutien, n'y recevant aucun renseignement sur la situation et ne s'y trouvant pas en sûreté.
Le Lieutenant-Colonel ram_ne les 2 bataillons au villade de Saint-Léonard. Le Colonel les installe: le 1° et 2° à Contramoulin et Mordichant en avant-poste de combat.
Ravitaillement à 21h30.
Les villages sont complètement abandonnés et incendiés par les obus à Saulcy. - Lundi 31 août 1914
Ordre dans la nuit de reprendre dès les 1° heures les positions occupées la veille. Chaque bataillon reçoit en conséquence les buts à atteindre.
⤇ 3° bataillon: Cote 467
⤇ 2° bataillon: La hauteur brisée et fortifiée de La Planchette
⤇ 1° bataillon: La hauteur 514 - Entre-deux-Eaux
Aucun renfort, aucun soutien derrière le régiment. Le 3° bataillon ne marche pas sur la Cote 467 mais à 500 mètres plus au nord. Le 2° bataillon arrive à un peiti bois de repère situé au sud-ouest du Bois de La Planchette et s'y organise.
Les balles sifflent de tous les côtés. Les hauteurs sont très fortement occupées et retranchées. En outre, des hauteurs que devraient occuper le 3° bataillon, des groupes ennemis prennent les lignes du 3° bataillon en enfilade. Le 1° bataillon ne fait pas suffisamment sentir son action.
La 12° compagnie mitraillée de tous côtés bat en retraite alors que le reste du 3° bataillon cherchait 2 compagnies - la 9° et la 10°, a prendre pied sur la cote 467. Très durement reçues et devant le mouvement de repli de la 12° compagnie, elles battent en retraite sans la protection des sections de mitrailleuses et de la 11° compagnie.
Le 3° bataillon est reconstitué à hauteur du cimetière de Saulcy-sur-Meurthe mais alors le 2° bataillon restait seul en but et prises. L'artillerie allemande intervint agissant puissamment sur le moral des hommes. Le repli des 3 bataillons devient général et ils recoivent l'ordre d'occuper les pentes nord de Flangoutte - Bénifosse - Contramoulin. La plaine au nord de Contramoulin, notamment le croisement des routes Moulin - Mandray et Saint-Léonard - Entre-deux-Eaux avait été le théâtre 2 jours auparavant de la défaite du 256° et offrait un spectacle affreux de cadavres dans toutes les positions, non ensevelis et commençant à entrer en décomposition.
Le spectacle dura les quelques jours de combat qui se livraient et devint chaque jour plus répugnant ; d'autre part, les combats dans cette contrée ne permettaient pas aux municipalités de procéder aux ensevelissements.
Ainsi, entre ce 1° et 17 septembre 1914, approximativement un mois après la déclaration de guerre et mobilisation générale, disparaissait Alexandre Accary, très jeune encore et natif de Chalamont ; il habitait la Bresse.